De l’éphémère à l’éternel : Mémoires gravées.
Peinture sur carton & Xylogravure | João Pessoa
Je peins sur les cicatrices de la ville.
Le carton récupéré dans les rues de João Pessoa n’est pas un simple support.
Avec ses couches, ses logos effacés et ses marques de transport, il est le miroir de nos identités multiples.
Comme une peau urbaine, il porte les étiquettes qu’on nous colle, les strates de cultures qu’il faut décortiquer pour révéler la fibre humaine universelle.
Mais cette peinture sur carton est fragile, éphémère, comme l’instant présent.
Pour la fixer, je la transpose en xylogravure. Je grave le portrait dans le bois vivant, transformant le déchet urbain en œuvre permanente.
Ce passage du carton (l’instant, la question) au bois (la permanence, la réponse) est un acte de réconciliation. Réconcilier la France et le Brésil, la peau claire et la peau foncée, l’oubli et la mémoire.
Ici, je ne peins pas des inconnus. Je peins la preuve que l’identité est belle dans sa complexité.
Rivage avec une mer bleue
Eleanor Harris (Américaine, 1901-1942)

